Chanter dans une chorale ne vous dispense pas de vous cultiver un peu.
Pour vous rafraîchir la mémoire qui, je suis sûr, ne vous
fait pas défaut, je vais vous rappeler ce que signifie le mot
« marri ».
Je ne me suis pas trop « foulé la rate » comme on
le disait autrefois, pour vous trouver une belle définition! Je suis allé sur
le « ouèbe » où j’ai trouvé ceci :
Lorsqu’une personne est désolée de quelque chose, attristée ou contrariée,
on peut dire qu’elle est «fort marrie». Cette expression vient du verbe «se
marrir», qui en ancien français signifiait «s’affliger». Le
participe passé du verbe aujourd’hui utilisé dans cette expression serait
apparu au XIIe siècle. L’Académie française et le Littré lui donnent alors le sens
de «fâché», «repentant», «affligé» ou encore «triste».
Sources
Je sens des interrogations, un tantinet perplexes, et légèrement angoissées.
Alors je me précipite pour vous en donner l’explication : L’autre jour,
pendant la répétition, après qu’on eut chanté, avec le brio que vous avez
constaté,
le « voici les rois de
la Grèce »
Il a bien fallu qu’ils se présentent, ces rois ! Et c’est là que
les choses se sont gâtées ! Depuis des temps immémoriaux (oui ! c’est
un adjectif réservé aux vieux !) j’avais toujours, mais alors là…toujours
entendu ce brave futur cocu de Ménélas, chanter « je suis l’époux de la
reine,
POUX de la reine,
POUX de la reine.. » ceci, dans le but de faire
rire les têtes couronnées d’Europe qui venaient au spectacle de notre cher
Offenbach, à la fin du 19
ième siècle ! Bon ! On peut
considérer que l’humour parisien a considérablement évolué, depuis !
Je le conçois fort bien ! On peut même le trouver complètement désuet.
Mais là où ma stupeur a atteint des sommets vertigineux, c’est lorsque j’ai
vu ce crime de lèse « Offenbach » sur une partition que j’ai payé de
mes deniers : « Je suis le
« mari »
de la reine » ? Mais qui a osé commettre cette stupidité
colossale ? Qui peut-être assez ignare ou provocateur pour nous avoir
pondu ça ? Est-ce que les gens qui transcrivent ces partitions n’ont pas
un minimum de culture de l’art lyrique pour ne pas commettre ce genre de
bévue ?
C’est incroyable ! Déjà, ma colère montait sérieusement dans ma
caboche, et je me suis dit : « si jamais Jérôme nous fait chanter
cette horreur, ce véritable attentat à la mémoire de notre compositeur, je
me retire des répétitions ! Ouf ! A mon grand soulagement, notre chef
de chœur nous fit rectifier cet « étron » mal venu. Et nous avons
chanté normalement :
« Je suis l’époux de la Reine, POUX de la reine, POUX, de la Reine. Le
Roi Ménélas !
Je crains bien qu’un jour Hélène, qu’un jour Hélène, qu’un jour Hélène, je
le dis tout bas, ne me fasse de la peine…N’anticipons pas. Je suis l’éPOUX de
la Reine, POUX de la Reine, POUX de la Reine, le Roi Ménélas, Le
Ménélas…… »
Et que je ne m’aperçoive pas d’une autre « incongruité » ! Ah
Mais !